Circuit au Nord-Pakistan
Le Nord-Pakistan : Sous « le toit du monde », les vallées du Karakorum et de l’Hindu Kush
Le Festival de printemps des Kalash


Du 3 au 18 mai 2019
Accompagné par Anne-Marie Wirja

En collaboration avec Clio : http://www.clio.fr/espace_culturel/anne_marie_wirja.asp


Rares sont les voyageurs qui partent au Nord Pakistan. Pourtant, comment ne pas s’émerveiller de ces panoramas grandioses de montagnes et glaciers, sans doute les plus beaux de tout l’univers himalayen ?
Ensemble nous emprunterons la célèbre Karakorum Highway, reprenant la longue route des marchands d’autrefois qui reliaient la Cathay à l’Occident par cette voie audacieuse. Des forêts d’allure vosgienne aux cols désolés, nous longerons des gorges encaissées au cœur d’étendues désertiques, dévoilant des envolées de cimes qui soulignent l’horizon de leurs masses enneigées. Aux opulentes oasis et à leurs torrents bondissants répondent les eaux cristallines des lacs reflétant les sommets du toit du monde.

En ces tableaux démesurés où la nature écrase l’homme de sa majesté silencieuse, des ethnies vivent dans d’étonnants villages, accrochés à flanc de paroi ou plaisamment disséminés dans les vallées. Les Hunzakut et les Kalash sont les plus célèbres de ces habitants, ultimes témoins de cette route des caravanes et qui continuent de nous accueillir aujourd’hui avec joie et sincérité. Nous assisterons à leur festival de printemps.

Nous traverserons cinq régions, là où se rejoignent pour mieux se séparer les Himalaya, Karakorum et Hindu Kush : le Nanga Parbat, massif montagneux titanesque à la pointe occidentale de la chaine de l’Himalaya, verdoyant de ses vallées et prairies ; la vallée de Hunza et ses paysages parmi les plus beaux et les plus préservés de l'Himalaya ; Ghizer et ses nombreuses rivières, ses vallons isolés, ses villages traditionnels ; Chitral, le cœur du Haut Hindu Kush, porte d'entrée vers les minorités kalash et Shimshal, chère à nos cœurs, à peine tracée sur les cartes, difficile d’accès par une piste époustouflante qui semble suspendue dans les airs…

A ces paysages et peuples hors du commun répond une histoire bouleversante où se fit la rencontre entre l’Orient et l’Occident, « l’Ancien Monde » de Lévi-Strauss, caractérisé par une coexistence entre les grandes civilisations antiques depuis la Méditerranée hellénique jusqu’à l’Inde. Les descendants d’Alexandre donnèrent un visage au Bouddha, l’école gréco-bouddhique était née et nombreux seront ces hauts lieux que nous croiserons au cours de ce voyage.

Un petit coup d’aile et nous y voilà…


Programme (les lieux que vous visiterez sont mentionnés en caractères gras)

Jour 1, le 3 mai 2019 : Départ de Paris
Vols non directs pour Islamabad.
Le choix se fera en temps voulu en fonction des meilleurs tarifs et horaires.

Jour 2, le 4 mai 2019 : Arrivée à Islamabad
Arrivée à Islamabad, accueil et transfert au Hill View Hotel ou au Best Western Islamabad pour un court repos.
Islamabad, la capitale fédérale du Pakistan, est sortie de terre il y a une cinquantaine d’années, en remplacement de Karachi qui demeure la mégapole économique. Elle donne une impression de modernité et jouit de nombreux espaces verts. Centre politique, Islamabad est la ville des ambassades tout comme des institutions nationales et internationales. Et l’on ne saurait manquer celle qui fait la fierté du pays, la très moderne Mosquée Faisal, financée par L’Arabie saoudite et la quatrième au monde en dimension.
Nous terminerons cette promenade par le Raja Bazaar de Rawalpindi, cité jumelle d’Islamabad, aux petites boutiques traditionnelles.

Jour 3, le 5 mai 2019 : Islamabad – Besham (10 heures, 270 km)
Sera alors venu le temps d’emprunter la mythique Karakorum Highway reliant la Chine au Pakistan, la KKH pour les intimes, achevée en 1978 après 20 ans d’efforts conjugués entre les armées des deux pays.
Les paysages dévoilent d’abord leurs paisibles forêts de pins, cultures céréalières et vergers avant que la route ne se fasse plus intrépide, plongeant vers l’Indus pour mieux le franchir au village de Thakot et s’accrocher de nouveau, souveraine, à son nid d’aigle. Le Grand Fleuve est sauvage, à l’image de son décor minéral.
Nuit au PTDC Motel Besham (simple).
NB : Même si la KKH est notoirement améliorée, glissements de terrain et autres obstacles naturels font partie du quotidien ; notre progression pourra aussi être entravée par une circulation dense, notamment de camions.
Il s’agit d’une journée de liaison pour entrer vraiment dans le vif du sujet !

Jour 4, le 6 mai 2019 : Besham – Chilas (7/8 heures, 200 km)
Direction Chilas par cette KKH devenue nôtre, le long de l’Indus. Des siècles durant, ce couloir était un incontournable de la Route de la Soie, emprunté par les commerçants bouddhistes.
Suivant d’abord les gorges de l’Indus, encaissées et dominées par des 5 000m, nous poursuivrons ensuite le long de son lit apaisé et élargi, où de nombreuses oasis des Hauts Plateaux désertiques colorent les paysages en autant de points d’un vert intense. Un grand nombre de sites rupestres demeure, vibrants témoignages qui attestent aussi, par la variété de leurs thèmes, d’un peuplement plus ancien. Nous les découvrirons à Shatial et Chilas.
Nuit à l’hôtel Shangrila Midway House ou similaire.

Jour 5, le 7 mai 2019 : Chilas – Karimabad (7/8 heures, 230 km)
Au-delà de Chilas, les paysages sont à couper le souffle et Thalichi offre un point de vue extraordinaire sur le Nanga Parbat (8 125 m), le deuxième sommet du Pakistan après le K2, connu sous le nom de la "montagne tueuse". Plus loin se profile le Rakaposhi (7 788 m) et le pic Haramosh (7 397m). En continuant vers le nord, nous longerons la rivière Gilgit vers laquelle convergent les trois plus hautes chaînes du monde que sont le Karakorum, l'Himalaya et l'Hindu Kush.
Viendra le temps pour une promenade au bazar de Gilgit, une ville en plein essor, désordonnée et bruyante, carrefour stratégique vers la Chine, lieu de rassemblement des marchands, trekkeurs et voyageurs.

La station suivante sera marquée par notre entrée dans l’originale Vallée de Hunza où le Rakaposhi domine de sa magnificence. John H. Tobe nous le présente ainsi : « se détachant sur un fond de ciel bleu, elle semblait un bijou précieux dans un écrin magnifique. J’ai alors compris pourquoi les humains qui ont eu le privilège de la voir la considèrent comme la plus belle des montagnes du monde, la plus majestueuse, la plus éblouissante dans sa blancheur éclatante : je ne connais aucune autre montagne qui puisse rivaliser avec elle ».
Karimabad, charmante petite bourgade de Hunza, que l’on nommait Baltit lorsqu’elle était capitale du royaume, offre une vue magnifique sur les pics et sur sa vallée, royaume des arbres fruitiers et fleurs sauvages.
Nous nous installerons pour deux nuits au Hunza Serena Baltit Inn.

Jour 6, le 8 mai 2019 : Karimabad – Duiker – Karimabad (2 heures, 50km)
Nous voici au cœur du pays Hunza. L’éclat de ses paysages est source d’émerveillement, tout comme ses habitants : grands et beaux, les Hunzakut ont la peau claire et descendraient de trois soldats d’Alexandre le Grand et de femmes perses. Musulmans de la secte d’Ismaël, ils observent un islam qui leur vaut bien des persécutions de la majorité sunnite. Ils sont menuisiers, forgerons, cordonniers ou timides éleveurs, mais surtout cultivateurs ou plutôt jardiniers experts, et c’est l’abricot, véritable base alimentaire, qui symbolise ces terres que les premiers explorateurs identifièrent à un Shangri-La, authentique paradis où tout un peuple incarne le rapport idéal de l’être humain avec la nature. En outre les Hunzakut jouissent d’une grande longévité que la science ne sait expliquer : eau des glaciers ? Alimentation frugale ? Labeur quotidien soigneusement rythmé ? Les hypothèses sont nombreuses pour s’étonner des aptitudes de cette population attachante que l’Agha Khan a dotée d’un système scolaire efficace.

Comme bien d’autres régions, la vallée de Hunza eut ses heures royales, jusqu’à ce que tous les souverains soient déposés par le Pakistan indépendant. De ces temps anciens demeurent plusieurs forts dont celui de Baltit, restauré par la Fondation Agha Khan. Datant principalement du 18e siècle, cette forteresse commande la Vallée de Hunza, du haut de ses 2 800m, en un bel appareillage militaire. L’intérieur offre le charme d’une demeure princière de montagne : charpentes majestueuses et murs de terre séchée, pour mieux résister aux tremblements de terre.

Nous poursuivrons par le bazar de Karimabad où se marchandent les célèbres broderies de la Vallée et bien d’autres artisanats.
A Duiker (Nid d’aigle), un village d'été s’est perché au-dessus d'Altit, habité seulement d'avril à octobre. Du sommet de la colline, la vue est toujours aussi impressionnante, s’étirant de la basse Vallée de Hunza, vers la vallée de Nagar, le Rakaposhi, le Glacier Hoper, Ultar II et Bubliting.

Retour en direction de Karimabad et, chemin faisant, arrêt au Fort Altit, qui serait antérieur d’un siècle à son confrère Baltit. Il renferme un dédale de pièces réparties sur trois niveaux, allant des cellules et cachots aux appartements royaux dont les poutres sont décorées de symboles porte-bonheur.
Nuit au Hunza Serena Baltit Inn.

Jour 7, le 9 mai 2019 : Karimabad – Attabad - Gulmit (La Haute Vallée de Hunza) – Passu – Vallée de Shimshal (5 heures, 120km)
Sur la route de Gulmit, la nature a prouvé qu’elle est indomptable. Le 4 janvier 2010, un pan entier de la montagne s’est écroulé, barrant accidentellement la rivière Hunza. Le lac d’Attabad vit le jour, long aujourd’hui de 18 km et pouvant atteindre 100 m de profondeur ! Des villages entiers ont été noyés ainsi que le tronçon voisin de la Karakorum Highway. Pendant 5 ans, des bateaux de fortune permirent de rejoindre Gulmit, sur l’autre berge, dans un environnement lunaire, alors que les eaux bleues du lac laissaient deviner la vie engloutie. Les Chinois ont fini de percer la montagne en 2015 pour rétablir la route et le commerce entre les deux pays.
Gulmit ,as est la capitale du Gojal ou Haute Hunza. Les gens d'ici, réputés pour leur hospitalité, parlent le persan wakhi, sont ismaéliens comme leurs voisins de la Basse Hunza et se réclament descendants des nomades tadjiks d'Afghanistan. La ville s’articule autour de son terrain de polo et ses vieilles maisons. La plus célèbre est la “old Hunza House", ancienne résidence d'été des Mirs, transformée en lieu de formation au tissage de tapis.
Sur les hauteurs de la bourgade, le Fort Andra défendait la vallée dans les temps anciens ; aujourd’hui on y admire avant tout les vues sur la vallée et les hauteurs environnantes.

Au Nord-est de Pasu, en parallèle à la frontière chinoise, un torrent a percé son chemin vers un bout du monde, la Vallée de Shimshal. Le monarque de Hunza y bannissait ses sujets déloyaux, tant il était certain qu’ils ne pourraient s’en échapper. En septembre 2003, les villageois ont inauguré leur piste et quelque 3h de cheminement vertigineux suffisent dorénavant à s'affranchir de la gorge minérale et à découvrir, installée sur un replat miraculeux, la longue cuvette alluvionnaire de Shimshal, entièrement cultivée et d’une beauté indicible.
Nuit au Shimshal Tourist Lodge (simple).

Jour 8, le 10 mai 2019 : Shimshal - Pasu et environs - Karimabad (6 heures, 140km)
Retour tout aussi spectaculaire vers Pasu, vallée et havre de paix surplombés par de magnifiques montagnes ocre et marron s'élevant à la verticale. On les nomme les « Cônes de Pasu » ou encore les « Pics cathédrales » et plus joliment les « Montagnes regorgeant de soleil ».

Un incontournable est le Glacier de Pasu, aux séracs dressés comme une mer en furie pétrifiée, dominée par les pics vertigineux de Shispare (7 611 m) et Pasu (7 478 m). Tout près, le pont suspendu de Pasu, dodelinant sur ses 250 mètres de long et toujours utilisé par les populations locales.
Retour vers Karimabad, une occasion d’admirer de nouveau “d’en-haut” le Lac Attabad.
Nuit au Hunza Serena Baltit Inn.

Jour 9, le 11 mai 2019 : Karimabad – Gilgit - Kargah - Gupis (6/7 heures, 270 km)
Nous retournerons sur nos pas, momentanément sur la KKH, ancienne route de la Soie reliant aujourd’hui Islamabad à Kashgar. Elle nous dévoilera les plus beaux tableaux du Karakorum, hérissé de ses sommets dépassant 7. 000 m.
De villages en moraines, de lacs en torrents, nous arriverons à Gilgit et nous rendrons à Kargah, qui fut un lieu de halte privilégié des moines bouddhistes en route vers Taxila : au 7e siècle de notre ère, ils y gravèrent le Maître dans la roche.

Après le déjeuner, direction Gupis. Les pics de l’Hindu Kush et de Chitral nous dominent avant que nous ne nous faufilions dans la vallée de Ghizer. Tous ces vals sont de larges cuvettes environnées de déserts d'altitude. L’eau issue de la fonte des neiges et amenée par des canaux d'irrigation transforme les flancs des montagnes en terres agricoles et en vergers. Ces oasis de verdure, cultivées en terrasses, contrastent ainsi avec les camaïeux gris et brun du vaste paysage alentour.
Nous passerons la nuit près du lac, étendue de jade tranquille, dont la sérénité et la beauté seront les bienvenues.
Nuit au PTDC Motel Gupis.

Jour 10, le 12 mai 2019 : Gupis - Phander – Shandur - Mastuj (6 /7 heures, 210km)
Vers Mastuj, sur cette route convulsée, le plus étonnant est de croiser les célèbres camions et bus pakistanais, toujours aussi bariolés et enjolivés, dont les chauffeurs possèdent la virtuosité de funambules pour évoluer à la verticale d’à-pics saisissants. Il nous faudra franchir le col de Shandur (3 730m) qui débouche sur un large plateau et un lac endormi. Sur les prairies d’altitude, chaque juillet se déroulent les plus célèbres matchs de polo entre les équipes de Chitral et de Gilgit.
Nuit au PTDC Motel Mastuj ou similaire.

Jour 11, le 13 mai 2019 : Mastuj – Chitral – Ayun Fort (5 / 6 heures, 130km)
Quittant le petit village de Mastuj, nous sillonnerons un paysage dégageant grandeur et sérénité : le Tirich Mir, le plus haut sommet de l’Hindu Kush, surveille les lieux de ses quelque 7 700 m, rivalisant avec le massif Buni Zom de la chaîne Hinduraj. Le fleuve Mastuj parcourt joyeusement son lit, arrosant des champs de blé ou de maïs bordés de vergers où s’épanouissent abricots et mûriers.

L’étape suivante sera Chitral, enchâssée entre deux hauts cols et souvent coupée du monde durant les mois d’hiver. Pourtant, pendant des siècles cette route a été empruntée pour tous les échanges commerciaux entre Gilgit et Chitral. De ce fait, le principal marché du district se tient ici, et nous découvrirons son animation. Dans ce lieu de rencontre, des affaires plus ou moins légales se traitent, allant du commerce des pierres précieuses aux tapis afghans, en passant par le haschisch, les armes et le sel. Nous irons aussi admirer la Mosquée Shahi, alors que perce dans le lointain le Tirich Mir.
Continuation vers Ayun et nuit au Ayun Fort Inn, bel établissement tenu par l’un des descendants d’une vieille famille régnante de Chitral.

Jour 12, le 14 mai 2019 : Ayun – Bamboret – Rambur : Chez les Kalash
Départ très matinal pour deux heures de piste difficile scellant notre entrée en Pays Kalash, constitué par trois vallées, celles de Birir, Rumbur et Bamboret qui est la plus étendue.

« Kafiristan », c’est ainsi que l’on désigne communément le territoire des Kalash. « Kafir » signifie en arabe « les mécréants », ceux qui refusent d’obéir aux préceptes de l’islam, tels les quelque 4 000 Kalash. Les Kafirs rouges, comme on les appelait à l’époque, furent convertis par les Afghans à la fin du 19e siècle. Aujourd'hui subsistent les Kalash du Pakistan, les seuls à avoir gardé partiellement leur propre religion polythéiste, leurs coutumes, leurs fêtes et leurs sacrifices d'animaux.
De leur teint clair et prunelles souvent bleues, une légende bien romantique raconte qu’ils seraient descendants des troupes d’Alexandre Le Grand. Depuis longtemps, les chercheurs ont déterminé que les Kalash sont les enfants de la grande migration aryenne, au troisième millénaire av. JC, venue s'établir dans ce qui est à présent la région indo-pakistanaise. Ils sont les derniers témoins d’un ensemble socioculturel datant de l’époque védique et apparenté aux premières formes de ’hindouisme ancien.
La vie pour la vaste majorité des Kalash s’articule autour des activités traditionnelles : culture du blé et de légumes ainsi que pastoralisme d’été ; réclusion en hiver quand le niveau de neige atteint plus d’un mètre cinquante dans les vallées. Les maisons de pierres et bois se serrent les unes contre les autres, accrochées aux flancs des collines, comme pour mieux se préserver des agressions extérieures.
De-ci de-là, des tâches de couleurs, celles des femmes à la tenue traditionnelle : robe noire rehaussée de broderies éclatantes au col, aux manches, à la ceinture et en feston final. La coiffe, le shut shut, est entièrement composée de perles et de cauris. Nous ne manquerons pas de les rencontrer dans leurs splendides atours.
Animistes, les Kalash partagent leur territoire avec des fées ou des esprits malveillants, propriétaires capricieux des sources de la prospérité. Ils vénèrent aussi un panthéon de dieux pour lesquels ils dressaient des autels de pierres d'où émergeaient des têtes de chevaux en bois symbolisant les montures divines. Ils érigeaient pour leurs morts glorieux de grandes statues monoxyles, impressionnantes gardiennes des tombes sous le couvert de chêne-houx. Elles sont devenues très rares aujourd’hui, détruites par les iconoclastes ou simplement volées. L’acteur religieux primordial est le chamane qui, en transe, communique avec les forces occultes afin de répondre aux problèmes de la communauté. Ainsi était dictée la coutume, organisée la vision du monde, réparé le désordre collectif et individuel.
Voici des millénaires que les Kalash ont préservé une culture et une religion uniques, pourtant aujourd’hui menacées par le prosélytisme musulman tout comme par le désir « d’être moderne ». Même si la disparition de ces traditions semble inexorable, des individus luttent. Des associations sont nées, locales comme étrangères, pour la protection de l’environnement, la scolarisation, le maintien de la langue… L’une d’elles est le Kalash Dur qui soigne, éduque et qui a édifié un centre culturel où tous se regroupent. Un beau musée y est hébergé.
Nuit à l’Alexandar Post Hotel (simple).

Jour 13, le 15 mai 2019 : Le festival de printemps des Kalash, le Joshi /Chilim jusht – Retour sur Ayun (2 heures, 40 km)
Les festivals sont les temps forts de la vie culturelle et religieuse Kalash, une occasion de resserrer les liens communautaires. Au nombre de quatre, ils correspondent chacun à un changement de saison et de cycle agraire. Le Joshi, festival de printemps, célèbre le renouveau de la nature, les semailles et les premières transhumances. Il permet de faire fructifier les récoltes pour l’année débutante et de ne pas manquer de lait de chèvre pour les mois à venir.
Le rituel dure 4 jours et le premier consiste en la distribution de fruits secs, là aussi afin d’encourager des moissons abondantes pour le reste de l’année. Des noix sont d’abord offertes aux dieux puis des raisins secs, abricots secs et mûres séchées sont distribués à tous, membres de la communauté comme étrangers. Les Kalash vont aussi sacrifier des animaux et boire du lait de brebis en abondance, danser, chanter en s’accompagnant des bruits sourds de tambours, jour et nuit. Les anciens vont conter les histoires des ancêtres, les histoires de leur culture qu’ils transmettent ainsi oralement depuis des siècles… alors que l’alcool de raisin coule à flot… et que les danses tantôt sensuelles, tantôt rythmées, sont l’occasion pour les garçons de courtiser les filles.
En fin de journée, retour à Ayun et nuit au Ayun Fort Inn.

NB : Le festival se déroule autour des deux vallées de Bamboret et Rambur. Le rituel peut varier selon les années et nous adapterons nos déplacements au programme du moment.

Jour 14, le 16 mai 2019 : Ayun – Malakand – Vallée de Swat (10 heures, 260 km)
De bon matin nous quitterons Ayun en direction du Swat, ces deux régions appartenant à la province du Khyber Pakhtunkhwa. Serpentant le long de la rivière de Chitral, la route est parsemée de forts, tantôt nichés au fond d’une vallée, tantôt perchés sur une paroi rocheuse. Ils assuraient la défense de ce lieu stratégique qui fut emprunté par les caravaniers persans tout comme Marco Polo.

Abandonnant les douces courbes du paysage, nous nous hisserons vers le col de Lowari (3 040m) dont le tunnel récemment inauguré nous épargnera la piste dite « aux 40 épingles » … Y faire passer transports en commun et camions lourdement chargés est un défi de chaque jour, qu’il faut relever pour assurer l'approvisionnement des villages et maintenir le lien entre le Nord du pays et sa capitale, tout simplement.

Chemin faisant, nous passerons ensuite par le Fort de Makaland, le Churchill’s Picket, où résida en 1897 le jeune Winston, alors correspondant de guerre. Pour le Raj, 1 000 fantassins sikhs repoussèrent ici 10 000 Pathans, conduit par le « mollah fou de Malakand » qui leva les tribus contre la domination britannique.
Nuit au Swat Serena Hotel.

Jour 15, le 17 mai 2019 : Vallée de Swat – Taxila – Islamabad (6 / 7 heures, 245 km)
La région de Swat eut très longtemps mauvaise presse aux yeux de la communauté internationale car, hors zones tribales, elle représentait un second foyer insurrectionnel mené par les Talibans. Le Parti National Awami avait écrasé les islamistes aux élections de 2008 mais, afin de ramener la paix, des concessions avaient dû être accordées et notamment la mise en place de la charia au Swat. Pourtant Sufi Mohammad, du groupe des islamistes, commit deux erreurs : se permettre une avancée vers le Sud et menacer la capitale Islamabad tout en annonçant que la loi musulmane était opposée au concept de démocratie, et donc à la Constitution du Pakistan. L’armée intervint brutalement dans le Swat et les talibans furent délogés en 2009 par une importante opération de l'armée pakistanaise, avec l'aide des Etats-Unis.
Cette région agricole et d'élevage en fait le grenier du Pakistan et de nombreuses recherches en agronomie y sont menées.

Sur notre chemin de retour vers la capitale, un arrêt s’impose à Taxila celle qui fut la capitale de la civilisation gréco-bouddhique du Gandhara. Dotée d’une université florissante à la croisée des grands axes commerciaux, elle attirait les étudiants du monde entier et connut son heure de gloire entre le 5e s. av. JC et le 2e siècle de notre ère. Classée au patrimoine de l'Humanité, les vestiges les plus significatifs sont ceux de Sirkap, renommés pour leur décoration indo-grecque. Le musée contient les pièces d'or et d’argent d’Alexandre Le Grand (326 av. JC) tout comme de magnifiques représentations de Bouddha.
Continuation vers Islamabad et nuit au Hill View Hotel ou au Best Western Islamabad.

Jour 16, le 18 mai 2019 : Départ d’Islamabad et arrivée à Paris
Transfert vers l’aéroport pour votre retour non direct vers Paris.
Le choix se fera en temps voulu en fonction des meilleurs tarifs et horaires.



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