Circuit au Nord-Pakistan
Le Nord-Pakistan : Sous « le toit du monde », les vallées de l’Himalaya, du Karakorum et de l’Hindu Kush
Le Festival de printemps des Kalash


Du 1er au 18 mai 2018
Accompagné par Anne-Marie Wirja

Rares sont les voyageurs qui partent au Nord Pakistan. Pourtant, comment ne pas s’émerveiller de ces panoramas grandioses de montagnes et glaciers, sans doute les plus beaux de tout l’univers himalayen ?
Ensemble nous emprunterons la célèbre Karakorum Highway, reprenant la longue route des marchands d’autrefois qui reliaient la Cathay à l’Occident par cette voie audacieuse. Des forêts d’allure vosgienne aux cols désolés, nous longerons des gorges encaissées au cœur d’étendues désertiques, dévoilant des envolées de cimes qui soulignent l’horizon de leurs masses enneigées. Aux opulentes oasis et à leurs torrents bondissants répondent les eaux cristallines des lacs reflétant les sommets du toit du monde.
En ces tableaux démesurés où la nature écrase l’homme de sa majesté silencieuse, des ethnies vivent dans d’étonnants villages, accrochés à flanc de paroi ou plaisamment disséminés dans les vallées. Les Hunzakut et les Kalash sont les plus célèbres de ces habitants, ultimes témoins de cette route des caravanes et qui continuent de nous accueillir aujourd’hui avec joie et sincérité. Nous assisterons à leur festival de printemps. Moins connu et intrigant est aussi le peuple du Baltistan qui en son « petit Tibet » est essentiellement adepte du chiisme et développa une architecture originale empreinte des traditions de ses origines et de sa religion.
Nous traverserons cinq régions, là où se rejoignent pour mieux se séparer les Himalaya, Karakorum et Hindu Kush : le Baltistan où s‘étale l’Indus et s’accroche le K2 ; la vallée de Hunza et ses paysages parmi les plus beaux et les plus préservés de ce sommet du monde ; Ghizer et ses nombreuses rivières, ses vallons isolés, ses villages traditionnels; Chitral, le cœur du Haut Hindu Kush, porte d'entrée vers les minorités kalash. Sans oublier la Shimshal, chère à nos cœurs, à peine tracée sur les cartes, difficile d’accès par une piste époustouflante qui semble suspendue dans les airs…
A ces paysages et peuples hors du commun répond une histoire bouleversante où se fit la rencontre entre l’Orient et l’Occident, « l’Ancien Monde » de Lévi-Strauss, caractérisé par une coexistence entre les grandes civilisations antiques depuis la Méditerranée hellénique jusqu’à l’Inde. Les descendants d’Alexandre donnèrent un visage au Bouddha, l’école gréco-bouddhique était née et nombreux seront ces hauts lieux que nous croiserons au cours de ce voyage dont le plus emblématique est Taxila.


Programme (les lieux que vous visiterez sont mentionnés en caractères gras)

Jour 1, le 1er mai 2018 : Départ de Paris
Vols non directs pour Islamabad.
Le choix se fera en temps voulu en fonction des meilleurs tarifs et horaires.

Jour 2, le 2 mai 2018 : Arrivée à Islamabad
Arrivée à Islamabad, accueil et transfert au Grand Hotel ou similaire pour un court repos.
Islamabad, la capitale fédérale du Pakistan, est sortie de terre il y a une cinquantaine d’années, en remplacement de Karachi qui demeure la mégapole économique. Elle donne une impression de modernité et jouit de nombreux espaces verts. Centre politique, Islamabad est la ville des ambassades tout comme des institutions nationales et internationales. Et l’on ne saurait manquer celle qui fait la fierté du pays, la très moderne Mosquée Faysal, financée par L’Arabie saoudite et la quatrième au monde par sa taille.
Nous terminerons cette promenade par le Raja Bazaar de Rawalpindi, cité jumelle d’Islamabad, aux petites boutiques traditionnelles.

Jour 3, le 3 mai 2018 : Islamabad / Skardu – Shigar – Skardu (3 heures, 70 km)
En cours de matinée, vol spectaculaire en direction de Skardu, frôlant le « toit du monde » et son célèbre K2, le deuxième plus haut pic de la planète. Ce sera notre porte d’entrée dans le Gilgit-Baltistan, région du « Cachemire pakistanais ».
Terre de glaciers, de vallées verdoyantes et de lacs azur et turquoise, ce district fut longtemps un rosaire de petits royaumes tibétains de l’ethnie balti. Bouddhistes aux 7e et 8e siècles, c’est essentiellement au chiisme et au soufisme qu’ils se rattachent depuis le 16e siècle, convertis par des missionnaires afghans et perses.
Du mariage entre leur culture, leur religion et la géographie naquit une architecture originale. Nous la découvrirons à Shigar, ancienne principauté du Nord de Skardu, où les mosquées Amburiq et Khilingrong faites de pierres et de bois délicatement ciselés, empruntent aux techniques tibétaines, cachemiri et perses. De même est le fort, ancestrale demeure des dirigeants du 17e siècle, restauré par la Fondation Aga Khan et partiellement transformé en hôtel. Tout aussi étonnants sont les astana - mausolée de Sayed Mir Yahya qui fut au 17e siècle un missionnaire chinois - et la khangah e Muallah où se réunissaient les soufis, œuvre de trois frères venus d’Iran au 16e siècle.
Retour à Skardu et nuit au PTDC K2 Motel.

Jour 4, le 4 mai 2018 : Skardu – Keris - Khaplu (3 heures, 100 km)
Dominé par son fort du 16e siècle, Skardu se love à 2 400m entre les boucles de l’Indus et les dunes de sable qui ont poussé sur ses berges. D’ici partent de nombreuses vallées, dont celle de Khaplu qui s’enfonce dans l’Himalaya et relie le Ladakh voisin. Le grand fleuve y est fier et les paysages combinent avec bonheur couleurs et lignes géométriques, du vert dense et horizontal des cultures au vert dansant des bouleaux, du sable gris des montagnes au limon tourbillonnant des rivières.
A Gowari, nous bifurquerons vers Keris, là où l’Indus rencontre la Shyok, la « rivière de la mort », alimentée par le glacier Rimo. Ce hameau aujourd’hui si modeste fut aux temps anciens une principauté notable comme en témoignent son fort encore habité, l’astana de Mir Mukhtar et la khangah.
A Khaplu, l’harmonie de la nature semble la plus parfaite, la plus sereine, grâce à son oasis qui descend à flanc de montagne ; là fleurit une capitale, au pied d’immenses barrières rocheuses parmi les plus hautes cimes du monde. Une longue promenade dans le quartier Hundulli nous permettra d’approcher quelques merveilles de l’architecture des Balti : le fort des souverains magnifiquement restauré, les mosquées de pierres et bois sculpté telle la Chaqchan d’obédience noorbakshia, les asana et khangah indiquant la présence d’une forte communauté soufie.
Nuit au PTDC Motel Khaplu ou au Karakuram Lodge.

Jour 5, le 5 mai 2018 : Khaplu – Vallée de Hushe - Khaplu (6 heures, 200 km)
Journée d’escapade (véhicules tout terrain) dans la vallée de Hushe, perchée à 3 200m, qui abrite des villages isolés, tel Machulo ou encore Talis, Khane et Kande à la belle architecture traditionnelle. Promenade dans les hameaux où l’accueil est chaleureux.
Sentinelle du lointain, le Masherbrum domine de ses 7 821m et assure l’alimentation en eau de la rivière Hushe, comme les K6 (7 282 m) et Broad Peak (8 051 m).
Cette région resta inconnue des Occidentaux jusque dans les années 80. Il s’agit de l'une des vallées les plus fertiles du Karakorum mais ne nous y trompons pas, malgré ce cadre idyllique et la joie de ses habitants, Hushe reste pauvre et la vie y est dure, reposant sur une agriculture de subsistance (blé, orge, vergers).
Pique-nique champêtre.
Retour à Khaplu et nuit au PTDC Motel Khaplu ou au Karakuram Lodge.

Jour 6, le 6 mai 2018 : Khaplu – Skardu – Manthal – Gilgit (8/9 heures, 300 km)
Longue journée de cheminement pour rattraper la célèbre Karakorum Highway au cœur de paysages toujours aussi époustouflants et diversifiés. Si l’Indus était argenté, ayant pris ses aises dans son lit de Skardu, il devient plus impétueux vers l’Ouest et se resserre en des gorges profondes où la route taillée dans la roche s’agrippe, avec parfois des à pic de plus de 200m. Les échappées visuelles badinent avec des sommets de plus de 6 000 m figurant les fonds des vallées.
A Manthal un Bouddha fut gravé dans la roche, accompagné de Boddhisattvas. Il date du 9e siècle, de l’époque où la Route de la Soie et son réseau capillaire diffusaient grands courants spirituels et échanges commerciaux.
Au détour d’une courbe se dévoilera la mythique Karakorum Highway reliant la Chine au Pakistan, la KKH pour les intimes, achevée en 1978 après 20 ans d’efforts conjugués entre les armées des deux pays. Remontant maintenant vers son Nord, un point est célèbre, l’endroit où la rivière de Gilgit se jette dans l’Indus, séparant ainsi les trois chaînes de montagnes emblématiques, l’Himalaya, le Karakorum et l’Hindu Kush, formant « la plus grande accumulation de montagnes sur terre ». Dans le lointain se profile le Nanga Parbat (8 125 m), le deuxième sommet du Pakistan après le K2, connu sous le nom de la "montagne tueuse".
Poursuite vers Gilgit et nuit au PTDC Motel Chinnar Inn ou au Gilgit Embassy Inn.

Jour 7, le 7 mai 2018 : Gilgit – Kargah - Karimabad (3 heures, 120 km)
Tout près de Gilgit nous découvrirons Kargah, qui fut un lieu de halte privilégié des moines bouddhistes en route vers Taxila : au 7e siècle de notre ère, ils y gravèrent le Maître dans la roche.
Notre station suivante sera marquée par notre entrée dans l’originale Vallée de Hunza où le Rakaposhi domine de sa magnificence. John H. Tobe nous le présente ainsi : « se détachant sur un fond de ciel bleu, elle semblait un bijou précieux dans un écrin magnifique. J’ai alors compris pourquoi les humains qui ont eu le privilège de la voir la considèrent comme la plus belle des montagnes du monde, la plus majestueuse, la plus éblouissante dans sa blancheur éclatante : je ne connais aucune autre montagne qui puisse rivaliser avec elle ».
Dans l’après-midi, place à Karimabad, charmante petite bourgade que l’on nommait Baltit lorsqu’elle était capitale du royaume de Hunza. Elle offre une vue magnifique sur les pics et sur sa vallée, royaume des arbres fruitiers et fleurs sauvages.
Nous nous installerons pour deux nuits au Hunza Embassy Inn ou Hill Top Hotel.

Jour 8, le 8 mai 2018 : Karimabad – Duiker – Karimabad (2 heures, 50km)
Nous voici au cœur du pays Hunza. L’éclat de ses paysages est source d’émerveillement, tout comme ses habitants : grands et beaux, les Hunzakut ont la peau claire et descendraient de trois soldats d’Alexandre le Grand et de femmes perses. Musulmans de la secte d’Ismaël, ils observent un islam qui leur vaut bien des persécutions de la majorité sunnite. Ils sont menuisiers, forgerons, cordonniers ou timides éleveurs, mais surtout cultivateurs ou plutôt jardiniers experts, et c’est l’abricot, véritable base alimentaire, qui symbolise ces terres que les premiers explorateurs identifièrent à un Shangri-La, « paradis » où tout un peuple incarne le rapport idéal de l’être humain avec la nature. En outre les Hunzakut jouissent d’une grande longévité que la science ne sait expliquer : eau des glaciers ? Alimentation frugale ? Labeur quotidien soigneusement rythmé ? Les hypothèses sont nombreuses pour s’étonner des aptitudes de cette population attachante que l’Agha Khan a dotée d’un système scolaire efficace.
Comme bien d’autres régions, la vallée de Hunza eut ses heures royales, jusqu’à ce que tous les souverains soient déposés par le Pakistan indépendant. De ces temps anciens demeurent plusieurs forts dont celui de Baltit, restauré par la Fondation Agha Khan. Datant principalement du 18e siècle, cette forteresse commande la Vallée de Hunza, du haut de ses 2 800m, en un bel appareillage militaire. L’intérieur offre le charme d’une demeure princière de montagne : charpentes majestueuses et murs de terre séchée, pour mieux résister aux tremblements de terre.
Nous poursuivrons par le bazar de Karimabad où se marchandent les célèbres broderies de la Vallée et bien d’autres artisanats. Toujours le plaisir des rencontres et de humer l’air du temps…
A Duiker (Nid d’aigle), un village d'été s’est perché au dessus d'Altit, habité seulement d'avril à octobre. Du sommet de la colline qui domine le village la vue est toujours aussi impressionnante, s’étirant de la basse Vallée de Hunza, vers la vallée de Nagar, le Rakaposhi, le Glacier Hoper, Ultar II et Bubliting.
Retour en direction de Karimabad et, chemin faisant, arrêt au Fort Altit, qui serait antérieur d’un siècle à son confrère Baltit. Il renferme un dédale de pièces réparties sur trois niveaux, allant des cellules et cachots aux appartements royaux dont les poutres sont décorées de symboles porte-bonheur.
Nuit au au Hunza Embassy Inn ou Hill Top Hotel.

Jour 9, le 9 mai 2018 : Karimabad – Attabad - Gulmit (La Haute Vallée de Hunza) – Pasu – Shimshal (5 heures, 120km)
Sur la route de Gulmit, la nature a prouvé qu’elle est indomptable. Le 4 janvier 2010, un pan entier de la montagne s’est écroulé, barrant accidentellement la rivière Hunza. Le lac d’Attabad vit le jour, long aujourd’hui de 18 km et pouvant atteindre 100 m de profondeur! Des villages entiers ont été noyés ainsi que le tronçon voisin de la Karakorum Highway. Pendant 5 ans, des bateaux de fortune permirent de rejoindre Gulmit, sur l’autre berge, dans un environnement lunaire, alors que les eaux bleues du lac laissaient deviner la vie engloutie. Les Chinois viennent de percer la montagne pour rétablir la route et le commerce entre les deux pays.
Gulmit est la capitale du Gojal ou Haute Hunza. Les gens d'ici, réputés pour leur hospitalité, parlent le persan wakhi, sont ismaéliens comme leurs voisins de la Basse Hunza et se réclament descendants des nomades tadjiks d'Afghanistan. La ville s’articule autour de son terrain de polo et ses vieilles maisons. La plus célèbre est la "old Hunza House", ancienne résidence d'été des Mirs, transformée en lieu de formation au tissage de tapis. Sur les hauteurs de la bourgade, le Fort Andra défendait la vallée dans les temps anciens ; aujourd’hui on y admire avant tout les vues sur la vallée et les hauteurs environnantes.
Au Nord-est de Pasu, en parallèle à la frontière chinoise, un torrent a percé son chemin vers un bout du monde, la Vallée de Shimshal. Le monarque de Hunza y bannissait ses sujets déloyaux, tant il était certain qu’ils ne pourraient s’en échapper. En septembre 2003, les villageois ont inauguré leur piste et quelque 3h de cheminement vertigineux suffisent dorénavant à s'affranchir de la gorge minérale et à découvrir, installée sur un replat miraculeux, la longue cuvette alluvionnaire de Shimshal, entièrement cultivée et d’une beauté indicible.
Nuit en guest-house simple.

Jour 10, le 10 mai 2018 : Shimshal - Pasu et environs - Karimabad (6 heures, 140km)
Retour tout aussi spectaculaire vers Pasu, vallée et havre de paix surplombés par de magnifiques montagnes ocre et marron s'élevant à la verticale. On les nomme les « Cônes de Pasu » ou encore les « Pics cathédrales » et plus joliment les « Montagnes regorgeant de soleil ».
Un incontournable est le Glacier de Pasu, aux séracs dressés comme une mer en furie pétrifiée, dominée par les pics vertigineux de Shispare (7 611 m) et Pasu (7 478 m). Tout près, le pont suspendu de Pasu, dodelinant sur ses 250 mètres de long et toujours utilisé par les populations locales.
Retour vers Karimabad, une occasion d’admirer de nouveau “d’en-haut” le Lac Attabad.
Nuit au Hunza Embassy Inn ou Hill Top Hotel.

Jour 11, le 11 mai 2018 : Karimabad – Gilgit - Gupis (6/7 heures, 270 km)
Nous retournerons sur nos pas, momentanément sur la KKH, ancienne route de la Soie reliant aujourd’hui Islamabad à Kashgar. Elle nous dévoilera les plus beaux tableaux du Karakorum, hérissé de ses sommets dépassant 7. 000 m.
Après une promenade dans les bazars animés de Gilgit, les seuls existants à des centaines de kilomètres à la ronde, quatre heures de route nous attendent, en direction de Gupis. Les pics de l’Hindu Kush et de Chitral nous dominent avant que nous ne nous faufilions dans la vallée de Ghizer. Tous ces vals sont de larges cuvettes environnées de déserts d'altitude. L’eau issue de la fonte des neiges et amenée par des canaux d'irrigation transforme les flancs des montagnes en terres agricoles et en vergers. Ces oasis de verdure, cultivées en terrasses, contrastent ainsi avec les camaïeux gris et brun du vaste paysage alentour.
Nous passerons la nuit près du lac, étendue de jade tranquille, dont la sérénité et la beauté seront les bienvenues.
Nuit au PTDC Motel Gupis.

Jour 12, le 12 mai 2018 : Gupis - Phander – Shandur - Mastuj (6 /7 heures, 200km)
Vers Mastuj, sur cette route convulsée, le plus étonnant est de croiser les célèbres camions et bus pakistanais, toujours aussi bariolés et enjolivés, dont les chauffeurs possèdent la virtuosité de funambules pour évoluer à la verticale d’à-pics saisissants. Il nous faudra franchir le col de Shandur (3 730m) qui débouche sur un large plateau et un lac endormi. Sur les prairies d’altitude, chaque juillet se déroulent les plus célèbres matchs de polo entre les équipes de Chitral et de Gilgit.
Nuit au PTDC Motel Mastuj ou similaire.

Jour 13, le 13 mai 2018 : Mastuj – Chitral - Bamboret (7/8 heures, 180km)
Quittant le petit village de Mastuj, nous sillonnerons un paysage dégageant grandeur et sérénité : le Tirich Mir, le plus haut sommet de l’Hindu Kush, surveille les lieux de ses quelque 7 700 m, rivalisant avec le massif Buni Zom de la chaîne Hinduraj. Le fleuve Mastuj parcourt joyeusement son lit, arrosant des champs de blé ou de maïs bordés de vergers où s’épanouissent abricots et mûriers.
L’étape suivante sera Chitral, enchâssée entre deux hauts cols et souvent coupée du monde durant les mois d’hiver. Pourtant, pendant des siècles cette route a été empruntée pour tous les échanges commerciaux entre Gilgit et Chitral. De ce fait, le principal marché du district se tient ici, et nous découvrirons son animation. Dans ce lieu de rencontre, des affaires plus ou moins légales se traitent, allant du commerce des pierres précieuses aux tapis afghans, en passant par le haschisch, les armes et le sel. Nous irons aussi admirer la Mosquée Shahi, alors que perce dans le lointain le Tirich Mir.
Restent trois heures de route dont deux de piste pour faire notre entrée en Pays Kalash, constitué par trois vallées, celles de Birir, Rumbur et Bamboret qui est la plus étendue.
« Kafiristan », c’est ainsi que l’on désigne communément le territoire des Kalash. « Kafir » signifie en arabe « les païens », ceux qui refusent d’obéir aux préceptes de l’islam, tels les quelque 4 000 Kalash. Les Kafirs rouges, comme on les appelait à l’époque, furent convertis par les Afghans à la fin du 19e siècle. Aujourd'hui subsistent les Kalash du Pakistan, les seuls à avoir gardé partiellement leur propre religion polythéiste, leurs coutumes, leurs fêtes et leurs sacrifices d'animaux.
De leur teint clair et prunelles souvent bleues, une légende bien romantique raconte qu’ils seraient descendants des troupes d’Alexandre Le Grand. Depuis longtemps, les chercheurs ont déterminé que les Kalash sont les enfants de la grande migration aryenne, au troisième millénaire av. JC, venue s'établir dans ce qui est à présent la région indo-pakistanaise. Ils sont les derniers témoins d’un ensemble socioculturel datant de l’époque védique et apparenté aux premières formes de l’hindouisme ancien.
Installation pour deux nuits au PTDC Motel Bamboret ou Jinnah International Hotel ou similaire.

Jour 14, le 14 mai 2018 : les Kalash
Journée consacrée à la culture Kalash de la région de Bamboret.

La vie pour la vaste majorité des Kalash s’articule autour des activités traditionnelles : culture du blé et de légumes ainsi que pastoralisme d’été ; réclusion en hiver quand le niveau de neige atteint plus d’un mètre cinquante dans les vallées. Les maisons de pierres et bois se serrent les unes contre les autres, accrochées aux flancs des collines, comme pour mieux se préserver des agressions extérieures.
De-ci de-là, des tâches de couleurs, celles des femmes à la tenue traditionnelle : robe noire rehaussée de broderies éclatantes au col, aux manches, à la ceinture et en feston final. La coiffe, le shut shut, est entièrement composée de perles et de cauris. Nous ne manquerons pas de les rencontrer dans leurs splendides atours.
Animistes, les Kalash partagent leur territoire avec des fées ou des esprits malveillants, propriétaires capricieux des sources de la prospérité. Ils vénèrent aussi un panthéon de dieux pour lesquels ils dressaient des autels de pierres d'où émergeaient des têtes de chevaux en bois symbolisant les montures divines. Ils érigeaient pour leurs morts glorieux de grandes statues monoxyles, impressionnantes gardiennes des tombes sous le couvert de chêne-houx. Elles sont devenues très rares aujourd’hui, détruites par les iconoclastes ou simplement volées. L’acteur religieux primordial est le chamane qui, en transe, communique avec les forces occultes afin de répondre aux problèmes de la communauté. Ainsi était dictée la coutume, organisée la vision du monde, réparé le désordre collectif et individuel.
Voici des millénaires que les Kalash ont préservé une culture et une religion uniques, pourtant aujourd’hui menacées par le prosélytisme musulman tout comme par le désir « d’être moderne ». Même si la disparition de ces traditions semble inexorable, des individus luttent. Des associations sont nées, locales comme étrangères, pour la protection de l’environnement, la scolarisation, le maintien de la langue… L’une d’elles est le Kalash Dur qui soigne, éduque et qui a édifié un centre culturel où tous se regroupent. Un beau musée y est hébergé.

Jour 15, le 15 mai 2018 : Le festival de printemps des Kalash, le Joshi /Chilim jusht – Ayun (4 heures, 120km)
Les festivals sont les temps forts de la vie culturelle et religieuse Kalash, une occasion de resserrer les liens communautaires. Au nombre de quatre, ils correspondent chacun à un changement de saison et de cycle agraire. Le Joshi, festival de printemps, célèbre le renouveau de la nature, les semailles et les premières transhumances. Il permet de faire fructifier les récoltes pour l’année débutante et de ne pas manquer de lait de chèvre pour les mois à venir.
Le rituel dure 4 jours et le premier consiste en la distribution de fruits secs, là aussi afin d’encourager des moissons abondantes pour le reste de l’année. Des noix sont d’abord offertes aux dieux puis des raisins secs, abricots secs et mûres séchées sont distribués à tous, membres de la communauté comme étrangers. Les Kalash vont aussi sacrifier des animaux et boire du lait de brebis en abondance, danser, chanter en s’accompagnant des bruits sourds de tambours, jour et nuit. Les anciens vont conter les histoires des ancêtres, les histoires de leur culture qu’ils transmettent ainsi oralement depuis des siècles… alors que l’alcool de raisin coule à flot… et que les danses tantôt sensuelles, tantôt rythmées, sont l’occasion pour les garçons de courtiser les filles.
En fin d’après-midi, retour vers Ayun et nuit au Ayun Fort Inn, bel établissement tenu par l’un des descendants d’une vieille famille régnante de Chitral.

Jour 16, le 16 mai 2018 : Ayun – Malakand – Vallée de Swat
De bon matin nous quitterons Ayun en direction du Swat, ces deux régions appartenant à la province du Khyber Pakhtunkhwa. Serpentant le long de la rivière de Chitral, la route est parsemée de forts, tantôt nichés au fond d’une vallée, tantôt perchés sur une paroi rocheuse. Ils assuraient la défense de ce lieu stratégique qui fut emprunté par les caravaniers persans tout comme Marco Polo.
Abandonnant les douces courbes du paysage, nous nous hisserons vers le col de Lowari (3 040m) dont le tunnel récemment inauguré nous épargnera la piste dite « aux 40 épingles » … Y faire passer transports en commun et camions lourdement chargés est un défi de chaque jour, qu’il faut relever pour assurer l'approvisionnement des villages et maintenir le lien entre le Nord du pays et sa capitale, tout simplement,
Chemin faisant, nous passerons ensuite par le Fort de Makaland, le Churchill’s Picket, où résida en 1897 le jeune Winston, alors correspondant de guerre. Pour le Raj, 1 000 fantassins sikhs repoussèrent ici 10 000 Pathans, conduit par le « mollah fou de Malakand » qui leva les tribus contre la domination britannique.
Nous pénètrerons ensuite dans la célèbre Vallée de Swat, « la Suisse du Pakistan », et l’une des terres du bouddhisme. Au 1er millénaire après JC, elle joua un rôle central dans la diffusion de la religion sachant que Padmasambhava, le fondateur du bouddhisme tibétain, y serait né.
Nuit au PTDC Motel de Swat ou similaire.

Jour 17, le 17 mai 2018 : Vallée de Swat – Taxila – Islamabad
La région de Swat eut très longtemps mauvaise presse aux yeux de la communauté internationale car, hors zones tribales, elle représentait un second foyer insurrectionnel mené par les Talibans. Le Parti National Awami avait écrasé les islamistes aux élections de 2008 mais, afin de ramener la paix, des concessions avaient dû être accordées et notamment la mise en place de la charia au Swat. Pourtant Sufi Mohammad, du groupe des islamistes, commit deux erreurs : se permettre une avancée vers le Sud et menacer la capitale Islamabad tout en annonçant que la loi musulmane était opposée au concept de démocratie, et donc à la Constitution du Pakistan. L’armée intervint brutalement dans le Swat et les talibans furent délogés en 2009 par une importante opération de l'armée pakistanaise, avec l'aide des Etats-Unis.
Cette région agricole et d'élevage en fait le grenier du Pakistan et de nombreuses recherches en agronomie y sont menées.
Sur notre chemin de retour vers la capitale, un arrêt s’impose à Taxila celle qui fut la capitale de la civilisation gréco-bouddhique du Gandhara. Dotée d’une université florissante à la croisée des grands axes commerciaux, elle attirait les étudiants du monde entier et connut son heure de gloire entre le 5e s. av. JC et le 2e siècle de notre ère. Classée au patrimoine de l'Humanité, les vestiges les plus significatifs sont ceux de Sirkap, renommés pour leur décoration indo-grecque. Le musée contient les pièces d'or et d'argent d'Alexandre Le Grand (326 av. JC) tout comme de magnifiques représentations de Bouddha.
Continuation vers Islamabad et nuit au Grand Hotel ou similaire.

Jour 18, le 18 mai 2018 : Départ d’Islamabad et arrivée à Paris
Transfert vers l’aéroport pour votre retour non direct vers Paris.
Le choix se fera en temps voulu en fonction des meilleurs tarifs et horaires.



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