Circuit au Pakistan du Sud
Le Vallée de l’Indus

Du mardi 28 novembre au lundi 11 décembre 2017
Voyage guidé par Anne-Marie Wirja

L’idée de ce voyage au Pakistan est - osons le dire - un tantinet extravagante … parce que nous nous refusons à réduire ce pays à l’islamisme militant et à la violence. Vous y marcherez sur les traces des Grands Moghols mais aussi sur celles de leurs prédécesseurs, sans oublier tous les courants de la mystique soufie que vous comprendrez mieux à la vue de réalisations architecturales exceptionnelles et de pratiques dévotionnelles. Et puis, le long de son grand fleuve, vous ne sauriez vous soustraire à la visite de Mohenjo-Daro, cité de l’énigmatique civilisation de l’Indus. Pimentez ce circuit d’une nuit dans le désert, de promenades dans des bazars d’un autre temps et de la chaleur de l’accueil pakistanais… et vous y êtes déjà!


Programme (les lieux que vous visiterez sont mentionnés en caractères gras)

Jour 1, mardi 28 novembre 2017 : Paris / Lahore
Départ de Paris pour Lahore (vol non direct)

Jour 2, mercredi 29 novembre 2017 : Arrivée à Lahore
Atterrissage à Lahore dans la matinée. La cité connut son apogée sous l’empire moghol car Akbar en fit sa capitale, afin de mieux contrôler l’occident de son royaume, passage des envahisseurs. Nous débuterons l’après-midi par un petit tour au bazar d’Anarkali, l’endroit par excellence pour s’imprégner de l’ambiance de la ville et vagabonder… Nous ferons ensuite nos premiers pas dans les mosquées pakistanaises illustrées ici par deux de ses joyaux, la Mosquée Wazir Khan et la Mosquée dorée ou Sunehri Masjid. La première est souvent citée pour ses exquises mosaïques, ses compositions calligraphiques et les cinq arcs de sa salle de prières rivalisant de savantes décorations. Quant à la seconde, du 18ème siècle, elle est remarquable pour ses trois dômes de cuivre et sa belle porte d’entrée mesurant 21 mètres de largeur.
Nuit à l’hôtel Pak Heritage ou Carlton Tower.

Jours 3 et 4, jeudi 30 novembre et vendredi 1er décembre 2017 : Lahore (70 km)
Deux jours complémentaires sont le minimum requis pour entrevoir quelques autres facettes de la deuxième ville du Pakistan, avec une population d’environ neuf millions d’habitants.
Construit, endommagé, démoli, rebâti, restauré… le Fort de Lahore demeure la star de la vieille ville. C’est Akbar qui lui donna son apparence actuelle en 1566 et malgré ses allures parfois négligées, il reste un endroit extraordinaire grâce à ses salles d’audience, ses balconnets de marbre délicatement sculptés ou encore ses portes monumentales.
Juste en face se trouve la Mosquée Badshahi qui, par ses divers dispositifs architecturaux, résume l'histoire de l’évolution des mosquées sur mille ans. Elle est l’une des rares constructions imposantes d’Aurangzeb et l’une des plus grandes mosquées du monde puisque 100.000 fidèles peuvent s’y retrouver.
Dans ce cœur historique de Lahore se trouve aussi le Gurudwara Dera Sahib, temple sikh édifié sur l’emplacement du martyre d’Arjun Dev Ji, le 5ème Guru qui écrivit l’Adi Grandh, l’un des Grands Livres du sikhisme et fit élever le Temple d’Or.
Et nous terminerons cette première journée en apothéose, par la visite des tombes de Jahangir et Nur Jahan. C’est grâce à sa ’’20ème épouse’’, la Lumière du Monde, que le 4ème Grand Moghol repose ici en paix. Quatre minarets d’une hauteur de trente mètres, des briques rouges et blanches agencées en lignes et en colonnes et un cercueil de marbre, humble et pourtant somptueux, portant en belle calligraphie arabe les 99 attributs du Tout Puissant Créateur.
La deuxième matinée sera consacrée à la visite du Musée de Lahore qui abrite de superbes collections, de la préhistoire à nos jours, et notamment quelques chefs-d’œuvre du Gandhara. Nous poursuivrons par une promenade romantique dans les célèbres Jardins de Shalimar, tracés au 17ème siècle par Shah Jahan. Étagés sur trois terrasses, avec des pavillons, des cascades et de vastes pièces d'eau, ils sont d'un raffinement sans égal.
Nous clôturerons notre épisode lahori par votre premier contact avec le monde soufi au Data Ganj Baksh, mausolée du saint patron de la ville, et le plus grand centre de rassemblement de qawwal au monde, c’est-à-dire de chanteurs et joueurs de musique dévotionnelle soufi. Le jour ’’officiel’’ des représentations est le jeudi mais le lieu est à tout moment animé.
Nuits à l’hôtel Pak Heritage ou Carlton Tower.

Jour 5, samedi 2 décembre 2017 : Lahore – Multan (330 km)
C’est aujourd’hui que nous débutons « notre descente vers le Sud » et la première surprise est la rencontre de chefs-d’œuvre… sur roues ! Des camions hauts de plusieurs mètres, parés de motifs peints à la main en un art populaire qui fait la fierté des Pakistanais.
L’histoire de Multan se perd dans la nuit des temps, il y a quelque quatre mille ans… Le Rig-Veda y aurait été écrit, Alexandre la conquit, les dynasties hindoues y prospérèrent et Mohammed bin Qasim la prit en 711… Phare de l’islam, elle captiva hommes saints et mystiques qui y prièrent avant de remettre leur âme à Dieu. Hérités de cette période de gloire, tissages, poteries et céramiques écrivent un joli quotidien tandis que mosquées et tombes élaborent l’au-delà.
Pour cette première approche, nous nous attarderons à la Mosquée Eid Gah, rayonnante de ses mosaïques et céramiques, avant de déambuler au Hussain Agahi Bazaar, l’un des plus colorés du Pakistan, flanqué encore de ses boutiques de bois.
Nuit au Ramada Multan (ou similaire).

Jour 6, dimanche 3 décembre 2017 : Multan - Bahawalpur (100 km)
Sur le promontoire de ce que fut le Fort de Multan, la tombe de Rukn-e-Alam le Grand (14e siècle) est souveraine : elle allie l’originalité de sa forme octogonale à la puissance de son dôme, le deuxième au monde en dimensions, alors que les incises de céramiques sont de toute beauté… On retiendra aussi le mausolée du 13e siècle de Bahad-ud-din Zakriya, soufi, chef du mouvement derviche et réputé pour ses miracles, tout comme le sanctuaire de Shams-e-Tabriz, autre grand soufi, martyr, assassiné en 1247.
Continuation vers Bahawalpur capitale de l’état portant son nom et dirigé par le Nabab Bahawal Khan Abbasi I, dynastie se prétendant descendante de l’oncle de Mahomet, Abbas.
Nuit à l’Hôtel One (ou similaire).

Jour 7, lundi 4 décembre 2017 : Bahawalpur – Derawar - Uch Sharif – Bahawalpur (250 km)
Sur 26 000 km2, le désert du Cholistan est le prolongement du désert du Thar, en Inde, et quelque 100 000 nomades s’y déplacent, à la recherche de pâturages. Et pourtant, avant l’assèchement des rivières, cette région fut fertile et permit à la civilisation de l’Indus de s’épanouir. D’ailleurs, le gouvernement s’emploie à réaménager puits et canaux en une reconquête progressive sur les sables.
Témoin des anciens temps, le ’’collier de perles’’ d’une quarantaine de forts qui maille le paysage. Le plus célèbre est assurément celui de Derawar, dont l’histoire veut qu’il fut construit par une chaîne humaine longue de quarante kilomètres… Remodelé par les Nababs de Bahawalpur en 1733, sa masse de 40 bastions est impressionnante, 10 d’entre eux montant la garde sur chaque côté. Face à l’entrée, sa gracile mosquée de marbre, réplique de la Moti Masdjid du Fort rouge de Delhi, fut élevée pour le saint homme de l’entourage du nabab, Pir Ghulam Farid. Visite de ce bel ensemble et l’inénarrable expérience d’un petit tour sur le dos d’un dromadaire…
Continuation vers Uch Sharif, aux ruines auréolées de leur atmosphère de sérénité. Grand centre politique, culturel et littéraire au 13ème siècle, Uch attirait nombre d’érudits d’Asie centrale, au même titre que Multan, et d’ici partirent deux importantes branches du soufisme, l’école sunnite de Syed Mohammed Ghous Jilani Hallabi et la chiite popularisée par Jalaluddin Bukhari.
Uch nous livre aujourd’hui une mosquée et une nécropole intéressantes : la tombe octogonale de Bibi Jiwandi, à l’entrelacs de céramiques bleues et blanches retient l’attention, tout comme celle de Jaial Surkh Boukhari, décorée d’un inhabituel et superbe toit de bois laqué soutenu par des piliers de bois également. Cet homme est célèbre car il aurait converti Gengis Khan à l’islam !
Retour vers Bahawalpur et nuit à l’Hôtel One (ou similaire).

Jour 8, mardi 5 décembre 2017 : Bahawalpur – Bhong - Gambat (450 km)
Nous poursuivrons votre longue traversée des plaines fertiles du Punjab et du Sind pour gagner Gambat. Chemin faisant, un arrêt à Bhong nous permettra d’admirer une extraordinaire mosquée moderne, terminée en 1982 et pour laquelle son propriétaire-concepteur fit appel aux plus grands spécialistes d’Inde et du Pakistan. Elle obtint en 1986 le Prix de l’Agha Khan pour son architecture, alliance de tradition et de modernité, dans une extravagante association des matériaux les plus précieux à ceux des temps modernes.
Nuit à l’hôtel Royal Inn (ou similaire).

Jours 9, mercredi 6 décembre 2017 : Gambat – Mohenjo-Daro – Kot Diji – Gambat (180 km)
Le site de Mohenjo-Daro, élevé entre 2500 et 1700 avant notre ère sur les berges occidentales de l’Indus, offre les remarquables ruines de son étonnante cité administrative et religieuse, éminemment développée et organisée autour de son palais, son assemblée, ses bains publics, ses greniers d’état où étaient collectés sésame et orge, qui alimentaient aussi la fiscalité… Les murs, hauts d’au moins 2 m. étaient scellés au bitume et des canaux assuraient l’écoulement des eaux. Le quartier résidentiel disperse ses maisons fraîches et aérées : elles étaient composées de deux étages, disposaient d’une salle de bains, de toilettes et parfois, d’un système de… vide-ordures… C’est dire le degré de développement de la cité qui prospérait à une époque plus humide qu’aujourd’hui, attirant les caravanes convoyant chevaux et chameaux jusqu’en Mésopotamie pour revenir chargées de bitume et d’albâtre, de fer, d’aluminium, de turquoise et de lapis-lazuli. Victime peut-être de l’avancée aryenne, appauvrie par la déforestation et rongée par les sels qui érodait ses structures, la ville s’évanouit. Nous complèterons vos découvertes par la visite du musée exposant sceaux à intailles, ustensiles, ornements, armes, sculptures et poteries.
Poursuite vers le Fort Ahmadabad, connu aussi sous le nom de Kot Diji, dominant la ville éponyme. Elevé au 18ème siècle, ceinturé par 5 km de murailles et étiré sur 500m de long, il fut dessiné pour résister aux canonnades. Accroché à un éperon rocheux, étroit et tout en longueur, il déjouait ainsi les tirs des adversaires.
Retour à Gambat et nuit à l’hôtel Royal Inn (ou similaire).

Jour 10, jeudi 7 décembre 2017 : Gambat – Moro – Dado – Sehwan Sharif (170 km)
Un islam secret réside dans sa mystique, le soufisme. Nombreux sont les noms célèbres de soufis et Sachal Sarmast est l’un d’eux. Solitaire, humble, sa poésie est toujours chantée et prône l’amour universel. Il fut inhumé en 1829 et son mausolée est délicieusement kitch !
Poursuivant vers le Sud, nous entrons dans la région de Dadu qui fut un fief des seigneurs Kalhoro au 18e siècle. L’agriculture était prospère grâce au creusement de canaux et les souverains rendirent grâce à Dieu en Lui édifiant des édifices religieux au style particulier, à la croisée des chemins entre l’Asie centrale et les traditions locales. La mosquée Jamia de Khudabad en est un bel exemple. Tout près se trouve la tombe de son constructeur, Mian Yar Muhammad. Les ravages du temps semblent inexorables à Khudabad et le passé sera bientôt gommé.
Sehwan Sharif sera le bout de la route de ce jour. C’était autrefois un temple consacré à Shiva mais au 13e siècle, la venue d'un ascète singulier bouleversa l’échiquier. Il s'agit de Lal Shabaz Qalandar, le " Faucon Rouge ", saint errant qui renonça au monde et se rendit célèbre par ses nombreux miracles. De nos jours, son mausolée vibre encore du chant enivré des dévots et du roulement des énormes tambours qui sont là pour transmuter l’âme et le corps lors du dhamal ou pratiques dévotionnelles auxquelles nous assisterons.
Nuit à l’hôtel Sehwan Divine (bon confort).

Jours 11, vendredi 8 décembre 2017 : Sehwan Sharif – Hala - Bhitshah - Hyderabad (200 km)
En fin de matinée, nous atteindrons Hala, réputée pour son artisanat et le mausolée du 16e siècle de Makhdoom Nooh, l’un des grands saints Sindhîs.
A Bhitshah vécut Shah Abdul Lal Tif, grand poète soufi. Dans son sépulcre du 18e siècle, des Fakirs chantent sa mémoire en des hymnes de dévotion.
Nuit à l’hôtel Indus ou City Gate d’Hyderabad.

Jours 12, samedi 9 décembre 2017 : Hyderabad – Thatta – Makli – Chaukundi – Karachi (200 km)
Capitale de trois dynasties successives, puis possession des empereurs moghols de Delhi, Thatta n'a cessé d'être embellie du 14ème au 18ème siècle. Ses vestiges et sa nécropole offrent un témoignage unique de la civilisation du Sind, par des tendances architecturales mariant avec bonheur le style local et les influences reçues. On aimera sa mosquée édifiée par Shah Jahan, remarquable par ses 93 dômes à l’incroyable acoustique, par ses briques vernissées se jouant de tous les bleus et de leurs dégradés, et ses exquises calligraphies.
Nous continuerons par la colline de Makli qui passe pour être la plus grande nécropole du monde, dernière demeure de ceux qui écrivirent l’histoire de la province entre les 14ème et 18ème siècles. Les sépultures présentent de ravissants lacis géométriques et floraux qui, du temps des Moghols, seront rehaussés de mosaïques turquoise. Quant aux tombes de Chaukandi elles sont attribuées aux tribus Jokhio et Baloutch. Probablement dressées entre le 13ème et le 16ème siècle, leurs formes élevées sont d’une rare originalité et si finement gravées qu’elles s’apparentent au bois. Des signes particuliers, des symboles permettent de décrypter un peu de la personnalité du défunt… et de rêver.
Continuation vers Karachi et nuit à l’hôtel Regent Plaza (ou similaire).

Jour 13, dimanche 10 décembre 2017 : Karachi
Capitale du Pakistan jusqu’en 1963, Karachi reste la métropole économique et financière du pays, avec ses quelque 15 millions d’habitants. Ici s’y côtoient les Sindhîs, les Punjabis, les Pashtouns ainsi que des minorités tribales. Ce choc des cultures, d’abord ethnique et religieux, se traduit aussi dans son architecture où des gratte-ciels du 21ème siècle jouxtent le gothique victorien. Les visites seront aussi hétéroclites que la ville elle-même… La Masjid e Tooba, est une mosquée de style contemporain, au seul minaret de 70m de haut et son dôme, tout de marbre blanc, est l’un des plus imposants du monde. Alors que le Palais Mohatta fut construit en 1920 par un riche homme d’affaires hindou qui en fit sa résidence d’été. La tour Mereweather est le cœur du centre commercial de la ville ; elle fut inaugurée en 1892 à la mémoire de Sir William L. Mereweather, le Commissionnaire du Sindh. Nous terminerons votre visite de Karachi par deux incontournables : son Musée national qui sera un brillant récapitulatif de nos découvertes passées et le Mausolée Quaid-i-Azam où repose Muhammad Ali Jinnah, le père de la nation pakistanaise. Nuit à l’hôtel Regent Plaza (ou similaire).

Jour 14, lundi 11 décembre 2017 : Karachi et retour
Transfert vers l’aéroport pour votre destination suivante.



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