Circuit au Pakistan du Sud
Le Vallée du Grand Indus
Extension dans le Tharparkar

Du 6 au 19 décembre 2022
Voyage guidé par Anne-Marie Wirja

L’idée de ce voyage au Pakistan est - osons le dire - un tantinet extravagante … parce que nous nous refusons à réduire ce pays à l’islamisme militant et à la violence. Vous y marcherez sur les traces des Grands Moghols mais aussi sur celles de leurs prédécesseurs, sans oublier tous les courants de la mystique soufie que vous comprendrez mieux à la vue de réalisations architecturales exceptionnelles et de pratiques dévotionnelles. Et puis, le long de son grand fleuve, vous ne sauriez vous soustraire à la visite de Mohenjo-Daro, cité de l’énigmatique civilisation de l’Indus. Pimentez ce circuit de promenades dans des bazars d’un autre temps et de la chaleur de l’accueil pakistanais… et vous y êtes déjà!


Programme (les lieux que vous visiterez sont mentionnés en caractères gras)

Jour 1 : Paris / Lahore
Départ de Paris pour Lahore (vol non direct)

Jour 2 : Arrivée à Lahore
Atterrissage à Lahore dans la matinée. La cité connut son apogée sous l’empire moghol car Akbar en fit sa capitale, afin de mieux contrôler l’occident de son royaume, passage des envahisseurs. Nous débuterons l’après-midi par un petit tour au bazar d’Anarkali, l’endroit par excellence pour s’imprégner de l’ambiance de la ville et vagabonder… Nous ferons ensuite nos premiers pas dans les mosquées pakistanaises illustrées ici par deux de ses joyaux, la Mosquée Wazir Khan et la Mosquée dorée ou Sunehri Masjid. La première est souvent citée pour ses exquises mosaïques, ses compositions calligraphiques et les cinq arcs de sa salle de prières rivalisant de savantes décorations. Quant à la seconde, du 18ème siècle, elle est remarquable pour ses trois dômes de cuivre et sa belle porte d’entrée mesurant 21 mètres de largeur.
Nuit à l’hôtel Grand Luxus (ou similaire).

Jours 3 et 4 : Lahore (70 km)
Deux jours complémentaires sont le minimum requis pour entrevoir quelques autres facettes de la deuxième ville du Pakistan, avec une population d’environ neuf millions d’habitants.
Construit, endommagé, démoli, rebâti, restauré… le Fort de Lahore demeure la star de la vieille ville. C’est Akbar qui lui donna son apparence actuelle en 1566 et malgré ses allures parfois négligées, il reste un endroit extraordinaire grâce à ses salles d’audience, ses balconnets de marbre délicatement sculptés ou encore ses portes monumentales.
Juste en face se trouve la Mosquée Badshahi qui, par ses divers dispositifs architecturaux, résume l'histoire de l’évolution des mosquées sur mille ans. Elle est l’une des rares constructions imposantes d’Aurangzeb et l’une des plus grandes mosquées du monde puisque 100.000 fidèles peuvent s’y retrouver.
Dans ce cœur historique de Lahore se trouve aussi le Gurudwara Dera Sahib, temple sikh édifié sur l’emplacement du martyre d’Arjan Dev Ji, le 5ème Guru qui écrivit l’Adi Grandh, l’un des Grands Livres du sikhisme et fit élever le Temple d’Or.
Et nous terminerons cette première journée en apothéose, par la visite des tombes de Jahangir et Nur Jahan. C’est grâce à sa ’’20ème épouse’’, la Lumière du Monde, que le 4ème Grand Moghol repose ici en paix. Quatre minarets d’une hauteur de trente mètres, des briques rouges et blanches agencées en lignes et en colonnes et un cercueil de marbre, humble et pourtant somptueux, portant en belle calligraphie arabe les 99 attributs du Tout Puissant Créateur.
La deuxième matinée sera consacrée à la visite du Musée de Lahore qui abrite de superbes collections, de la préhistoire à nos jours, et notamment quelques chefs-d’œuvre du Gandhara. Nous poursuivrons par une promenade romantique dans les célèbres Jardins de Shalimar, tracés au 17ème siècle par Shah Jahan. Étagés sur trois terrasses, avec des pavillons, des cascades et de vastes pièces d'eau, ils sont d'un raffinement sans égal.
Nous clôturerons notre épisode lahori par votre premier contact avec le monde soufi au Data Ganj Baksh, mausolée du saint patron de la ville, et le plus grand centre de rassemblement de qawwal au monde, c’est-à-dire de chanteurs et joueurs de musique dévotionnelle soufi. Le jour ’’officiel’’ des représentations est le jeudi mais le lieu est à tout moment animé.
Nuits à l’hôtel Grand Luxus (ou similaire).

Jour 5 : Lahore – Multan (330 km)
C’est aujourd’hui que nous débutons « notre descente vers le Sud » et la première surprise est la rencontre de chefs-d’œuvre… sur roues ! Des camions hauts de plusieurs mètres, parés de motifs peints à la main en un art populaire qui fait la fierté des Pakistanais.
A Khanewal, nous quitterons l’autoroute en direction du confluent des rivières Ravi et Pandjna, à proximité de l’importante voie caravanière sud-est-nord-ouest qui reliait l’Inde à l’Afghanistan. Dans un hameau se tient une œuvre maîtresse, le tombeau de Khalid ibn al-Walid. Cette petite forteresse flanquée de bastions semi-cylindriques dominant un cimetière de simple terre sèche, se distingue par la calligraphie et le travail de la brique très soignés du mihrab. Elle constitue l’un des rares monuments importants de style ghuride, hors de l’Afghanistan.
L’histoire de Multan se perd dans la nuit des temps, il y a quelque quatre mille ans… Le Rig-Veda y aurait été écrit, Alexandre la conquit, les dynasties hindoues y prospérèrent et Mohammed bin Qasim la prit en 711… Phare de l’islam, elle captiva hommes saints et mystiques qui y prièrent avant de remettre leur âme à Dieu.
Pour cette première approche, nous déambulerons au Hussain Agahi Bazaar, l’un des plus colorés du Pakistan, flanqué encore de ses boutiques de bois.
Nuit au Ramada Multan (ou similaire).

Jour 6 : Multan - Bahawalpur (100 km)
Sur le promontoire de ce que fut le Fort de Multan, la tombe de Rukn-e-Alam le Grand (14e siècle) est souveraine : elle allie l’originalité de sa forme octogonale à la puissance de son dôme alors que les incises de céramiques sont de toute beauté… On retiendra aussi le mausolée du 13e siècle de Bahad-ud-din Zakriya, soufi, chef du mouvement derviche et réputé pour ses miracles, tout comme le sanctuaire de Shams-e-Tabriz, autre grand soufi, martyr, assassiné en 1247. Nous ne manquerons pas non plus la Mosquée Eid Gah, rayonnante de ses céramiques et peintures fraîchement restaurées. Avant de prendre la route pour Bahawalpur, nous nous arrêterons au village de Sadan où se trouve la tombe du Sheikh Sadan Shaheed, ornée d'arabesques gravées dans la brique, brillant et rare exemple de l’art ghuride.
Continuation vers Bahawalpur capitale de l’état portant son nom et qui fut dirigé par les Nababs Abbasi, dynastie s’affirmant descendante de l’oncle de Mahomet, Abbas.
Nuit à l’Hôtel One (ou similaire).

Jour 7 : Bahawalpur – Uch Sharif - Derawar - Bahawalpur (220 km)
Au Sud-ouest de Bahawalpur est sise Uch Sharif, aux ruines auréolées de leur atmosphère de sérénité. Grand centre politique, culturel et littéraire au 13e siècle, Uch attirait nombre d’érudits d’Asie centrale, au même titre que Multan, et d’ici partirent deux importantes branches du soufisme, l’école sunnite de Syed Mohammed Ghous Jilani Hallabi et la chiite popularisée par Jalaluddin Bukhari.
Uch nous livre aujourd’hui une mosquée et une nécropole intéressantes : la tombe octogonale de Bibi Jiwandi, à l’entrelacs de céramiques bleues et blanches, retient l’attention, tout comme celle de Jaial Surkh Boukhari, décorée d’un inhabituel et superbe toit de bois laqué soutenu par des piliers de bois également. Cet homme est célèbre car il aurait converti Gengis Khan à l’islam !
Sur 26 000 km², le désert du Cholistan est le prolongement du désert du Thar, en Inde, et quelque 100 000 nomades s’y déplacent, à la recherche de pâturages. Et pourtant, avant l’assèchement des rivières, cette région fut fertile et permit à la civilisation de l’Indus de s’épanouir. D’ailleurs, le gouvernement s’emploie à réaménager puits et canaux en une reconquête progressive sur les sables.
Témoin des anciens temps, le "collier de perles" d’une quarantaine de forts qui maille le paysage. Le plus célèbre est assurément celui de Derawar, dont l’histoire veut qu’il fût construit par une chaîne humaine longue de quarante kilomètres… Remodelé par les Nababs de Bahawalpur en 1733, sa masse de 40 bastions est impressionnante, 10 d’entre eux montant la garde sur chaque côté. Face à l’entrée, sa gracile mosquée de marbre, réplique de la Moti Masdjid du Fort rouge de Delhi, fut élevée pour le saint homme de l’entourage du nabab, Pir Ghulam Farid.
Retour vers Bahawalpur et nuit à l’Hôtel One (ou similaire).

Jour 8 : Bahawalpur – Sukkur (400 km)
Nous poursuivrons notre longue traversée des plaines fertiles du Punjab et du Sind pour gagner Sukkur notre première rencontre avec l’Indus, le long de son cours inférieur. Sur un bourrelet d’alluvions surplombant le fleuve, un endroit étrange, les « tombes de sept sœurs » et leur jolie légende. Ces cénotaphes sculptés présentent un art local au tracé délicat de rosettes, de formes géométriques et de calligraphies à nulle autre pareilles.
Nuit à l’hôtel Chen Inn (ou similaire).

Jour 9 : Sukkur – Kot Diji – Mohendo Daro - Larkana (180 km)
Nous nous dirigerons tout d’abord vers le Fort Ahmadabad, connu aussi sous le nom de Kot Diji, dominant la ville éponyme. Elevé au 18ème siècle, ceinturé par 5 km de murailles et étiré sur 500m de long, il fut dessiné pour résister aux canonnades. Accroché à un éperon rocheux, étroit et tout en longueur, il déjouait ainsi les tirs des adversaires.
Plus à l’Ouest, le site de Mohenjo-Daro, élevé entre 2500 et 1700 avant notre ère sur les berges occidentales de l’Indus, offre les remarquables ruines de son étonnante cité administrative et religieuse, éminemment développée et organisée autour de son palais, son assemblée, ses bains publics, ses greniers d’état où étaient collectés sésame et orge, qui alimentaient aussi la fiscalité… Les murs, hauts d’au moins 2 m. étaient scellés au bitume et des canaux assuraient l’écoulement des eaux. Le quartier résidentiel disperse ses maisons fraîches et aérées : elles disposaient d’une salle de bains, de toilettes et parfois, d’un système de… vide-ordures… C’est dire le degré de développement de la cité qui prospérait à une époque plus humide qu’aujourd’hui, attirant les caravanes convoyant chevaux et chameaux jusqu’en Mésopotamie pour revenir chargées de bitume et d’albâtre, de fer, d’aluminium, de turquoise et de lapis-lazuli. Victime peut-être de l’avancée aryenne, appauvrie par la déforestation et rongée par les sels qui érodaient ses structures, la ville s’évanouit. Nous complèterons vos découvertes par la visite du musée exposant sceaux à intailles, ustensiles, ornements, armes, sculptures et poteries.
Continuation vers Larkana et nuit à l’hôtel Sambara Inn (ou similaire).

Jour 10 : Larkana - Nathan Shah – Khudabad – Sehwan Sharif (170 km)
Reprenant notre route vers le Sud, nous entrerons dans la région de Dadu qui fut un fief des seigneurs Kalhoro au 18e siècle. L’agriculture était prospère grâce au creusement de canaux et les souverains rendirent grâce à Dieu en Lui édifiant des édifices religieux au style particulier, à la croisée des chemins entre l’Asie centrale et les traditions locales. Le premier ensemble, à l’orée du désert, est l’une de grandes nécropoles du Sindh : autour de la sépulture du souverain Mian Nasir Kalhoro s’ordonnent de nombreuses tombes abritant les dépouilles de sa famille, de ses soldats et généraux, tout comme des artistes de la cour. Certaines présentent encore des peintures mais les ravages du temps semblent inexorables. A Khudabad se trouve la dernière demeure d’un autre roi, Mian Yar Muhammad, au joli travail de faïences.
NB : la visite de la nécropole est hors sentiers battus et la police peut nous refuser son accès, sans justification.
Sehwan Sharif sera le bout de la route de ce jour. C’était autrefois un temple consacré à Shiva mais au 13e siècle, la venue d'un ascète singulier bouleversa l’échiquier. Il s'agit de Lal Shabaz Qalandar, le " Faucon Rouge ", saint errant qui renonça au monde et se rendit célèbre par ses nombreux miracles. De nos jours, son mausolée vibre encore du chant enivré des dévots, des danses des derviches et du roulement des énormes tambours qui sont là pour transmuter l’âme et le corps. Après le coucher de soleil a lieu le dhamal ou pratiques dévotionnelles auxquelles nous assisterons.
Nuit à l’hôtel Sehwan Divine.

Jour 11 : Sehwan Sharif - Fort de Ranikot – Hala – Bhitshah – Hyderabad (200 km)
Notre première visite sera pour le Fort de Ranikot, probablement le plus grand du monde avec un périmètre de quelque 30 km. Qui l’a édifié ? A quelle époque ? Personne ne le sait. Si ces premières fondations remontent peut-être à l’époque de l’invasion arabe ou même à une période antérieure, les structures visibles aujourd’hui sont celles des Talpur, des 18e et 19e siècles.
Un islam secret réside dans sa mystique, le soufisme. Le paysage du Sind, est parsemé d’innombrables mausolées où chacun souhaite capter le pouvoir sanctifiant du maître défunt dont l'esprit loge alentour. Les fidèles y recherchent l’intériorisation, l’amour de Dieu, la contemplation, la sagesse, en une approche initiatique et ésotérique.
En début d’après-midi, nous atteindrons Hala, qui est ainsi réputée pour son mausolée du 16e siècle où repose Makhdoom Nooh, l’un des grands saints sindhîs.
A Bhitshah vécut Shah Abdul Lal Tif, grand poète soufi. Dans son mausolée du 18e siècle, des Fakirs chantent sa mémoire en des hymnes de dévotion.
Nuit à l’hôtel Indus ou City Gate d’Hyderabad.

Jour 12 : Hyderabad – Thatta – Makli – Chaukundi – Karachi (200 km)
Capitale de trois dynasties successives, puis possession des empereurs moghols de Delhi, Thatta n'a cessé d'être embellie du 14ème au 18ème siècle. Ses vestiges et sa nécropole offrent un témoignage unique de la civilisation du Sind, par des tendances architecturales mariant avec bonheur le style local et les influences reçues. On aimera sa mosquée édifiée par Shah Jahan, remarquable par ses 93 dômes à l’incroyable acoustique, par ses briques vernissées se jouant de tous les bleus et de leurs dégradés, et ses exquises calligraphies.
Nous continuerons par la colline de Makli qui passe pour être la plus grande nécropole du monde, dernière demeure de ceux qui écrivirent l’histoire de la province entre les 14ème et 18ème siècles. Les sépultures présentent de ravissants lacis géométriques et floraux qui, du temps des Moghols, seront rehaussés de mosaïques turquoise. Quant aux tombes de Chaukandi elles sont attribuées aux tribus Jokhio et Baloutch. Probablement dressées entre le 17ème et le 18ème siècle, leurs formes élevées sont d’une rare originalité et si finement gravées qu’elles s’apparentent au bois. Des signes particuliers, des symboles permettent de décrypter un peu de la personnalité du défunt.
Continuation vers Karachi et nuit à l’hôtel Excelsior ou similaire.

Jour 13 : Karachi
Capitale du Pakistan jusqu’en 1963, Karachi reste la métropole économique et financière du pays, avec ses quelque 25 millions d’habitants. Ici s’y côtoient les Sindhîs, les Punjabis, les Pashtouns ainsi que des minorités tribales. Ce choc des cultures, d’abord ethnique et religieux, se traduit aussi dans son architecture où des gratte-ciels du 21ème siècle jouxtent le gothique victorien. Les visites seront aussi hétéroclites que la ville elle-même… La Masjid e Tooba, est une mosquée de style contemporain, au seul minaret de 70m de haut et son dôme, tout de marbre blanc, est l’un des plus imposants du monde. Alors que le Palais Mohatta fut construit en 1920 par un riche homme d’affaires hindou qui en fit sa résidence d’été. La tour Merewether est le cœur du centre commercial de la ville ; elle fut inaugurée en 1892 à la mémoire de Sir William L. Mereweather, le Commissionnaire du Sindh. Nous terminerons votre visite de Karachi par deux incontournables : son Musée national qui sera un brillant récapitulatif de nos découvertes passées et le Mausolée Quaid-i-Azam où repose Muhammad Ali Jinnah, le père de la nation pakistanaise. Continuation vers Karachi et nuit à l’hôtel Excelsior ou similaire.

Jour 14 : Karachi et retour
Transfert vers l’aéroport pour votre destination suivante.



Extension dans le désert du Tharparkar

Montage-photos

Vers le Sindh du désert, là où la communauté est majoritairement hindoue, amoureuse des paons, chantant et priant pour eux...Pourtant, l’une des régions les plus défavorisées du pays, dépendant de pluies aléatoires, où l’on survit de la culture saisonnière de la canne à sucre, de quelques légumes et de troupeaux de caprins et dromadaires.
L’esthétisme est ici au quotidien, dans les tenues des femmes si colorées, brodées, leurs bracelets tintant en cascades. Quant à l’habitat, il est aussi original que préservé : des huttes rondes en pisé, recouvertes de végétal, n’offrant pas de prise au vent de ce rude désert.
De-cide-là, des temples jaïns luttent contre l’oubli ainsi que des stèles à “sati” ou des mémoriaux de pierre pour les guerriers-héros. Un voyage hors du temps...

Jour A: Karachi - Hyderabad (160 km)
Tôt le matin, nous quitterons Karachi en direction d’Hyderabad, cette fois-ci pour une visite détaillée. La ville fut nommée en l'honneur d'Ali, le quatrième calife et cousin du prophète Mahomet, souvent appelé Ali Haydar, « Ali le Cœur de Lion », par les musulmans d'Asie du Sud.
Le fleuve Indus changea son cours vers 1757, entraînant des inondations périodiques de la capitale d’alors, Khudabad. C’est pourquoi la dynastie Kalhoro fonda Hyderabad en 1768, sur une crête de calcaire de la rive orientale de l'Indus. Sécurisée par deux forts, elle attira artisans et commerçants de tout le Sindh et ses souverains y reposent. Les tombes de Mian Ghulam Shah Kalhoro et Mian Ghulam Nabi Kalhoro sont caractéristiques, recouvertes de faïences émaillées aux motifs géométriques et floraux d’une grande diversité alors que l'intérieur est peint de façon élaborée. Elles sont carrées pour les nobles et octogonales pour les rois.
Hyderabad resta la capitale du Sindh sous les dirigeants Talpur qui ont succédé aux Kalhoro jusqu'en 1843, règne d'un demi-siècle où ils furent confrontés à une plus grande menace encore - les Britanniques. Leurs tombes de Meeran Ja Qubba sont aussi élégantes que richement décorées.
Le colonisateur a affirmé sa puissance par la Ghanta Ghar ou tour de l’horloge, construite en 1914. Elle se trouve à l’extrémité du bazar Shahi, bazar oriental pakistanais typique, où tout se vend et s’achète ; il est également célèbre pour quelques haveli souvent abandonnées, aux petits balcons de bois sculpté.
Et pour clore en beauté cette journée, un endroit peu connu, la Maison Mukhi, d’un lointain style Renaissance italienne, qui fut construite vers 1921 par une influente famille hindoue sindhi. Suite à la Partition, la demeure fut progressivement abandonnée et tomba en ruine. En 2008, les descendants ont renoncé à leur propriété à condition qu'elle soit conservée et convertie en musée.
Nuit à l’hôtel Indus ou similaire.

Jour B: Hyderabad – Shaikh Bhirkio – Chitorri - Mithi (300 km)
Nous voici partis pour notre grande épopée aux confins du Sindh, dans le désert du Tharparkar.
Mais auparavant, d’autres pages de l’histoire socioreligieuse pakistanaise nous attendent. Dans le village de Shaikh Bhirkio repose le saint qui lui donna son nom. Il appartenait à l’ordre soufi Suharwardi qui domina la penséedu sous-continent des XVIe et XVIIe siècles. Pourtant, comme dans bien d’autres sanctuaires du Sindh, ce lieu porte une double identité car musulmans et hindous s’y retrouvent. Une des deux mosquées déploie ses faïences colorées, ses piliers en bois et ses panneaux ajourés qui sont autant de particularités de cette confrérie soufie.
La dynastie Talpur, qui conquit le Sindh en 1784, partagea la région en trois principautés qui allaient être gouvernées par diverses branches de la famille : Hyderabad, Khairpur et Mirpur Khas. A Chitorri reposent les descendants Mankani en des sépultures qui comptent parmi les plus belles de l'architecture du Sindh prévalant aux XVIIe et XVIIIe siècles, à la croisée des chemins entre les traditions musulmanes et rajpoutes.
Nous enfonçant vers le Sud-est du pays, le Thar ou Tharparkar, impose progressivement son désert, à la frontière des Rajasthan et Gujarat indiens. Selon certains, la région fut pourtant fertile dans les temps anciens, lorsqu’elle était traversée par un affluent de l’Indus. D’autres affirment qu’une mer s’y était nichée et qu’un tremblement de terre l’aurait engloutie. Mais les visages ridés des ancêtres du Thar sont là pour raconter aux voyageurs qu’un méchant rishi, pour se venger, assécha la mer.
La partie orientale abrite une riche culture à facettes multiples car ses habitants appartiennent à différentes religions, sectes et castes avec environ 40% d’hindous. Même si la vie y est incertaine, les caravanes de dromadaires, les troupeaux de chèvres parcourant petites et grandes dunes, les points lumineux des robes traditionnelles et des bijoux de femmes, la musique et les danses, les milliers de paons sacrés, sont autant d’éléments de séduction.
Après sept années de sècheresse dramatique, 2019 a enfin apporté ses pluies bienfaitrices...
Dîner et nuit à la Marvi Rest-house (simple).

Jour C: Mithi – Islamkot – Gori – Mithi (200 km)
Le Nagarparkar est situé à la limite sud du vaste désert du Thar, là où les dunes et la plaine alluviale rencontrent les vasières marécageuses du Rann de Kutch, ainsi que la mer d'Oman qui recouvrait cette zone jusqu’au XVe siècle.
Ce fut un centre important du jaïnisme car cette communauté était marchande et conseillère financière des Rajputs, des Moghols et des Sultans de Delhi. Son aisance lui permit de construire de nombreux temples, dont celui de Gori. Dédié à Parshvanath, il présente une cella principale entourée de 52 sanctuaires plus modestes, tandis que de jolies peintures religieuses ou des scènes de cour ornent les coupoles. Ces lieux abandonnés sont empreints d’une grande nostalgie.
Lors de ce cheminement vers l’Est en direction de l’Inde, le désert se hérisse de buissons d’épineux où déambulent nonchalamment dromadaires et chèvres. La ligne d’horizon est ponctuée de hameaux de toute beauté reconnaissables aux chaunro, huttes du désert du Thar. Elles sont rondes, surmontées d'un toit conique en chaume, défendues par des barrières de ronces et communes aux tribus musulmanes et hindoues. Nous nous promènerons dans ces villages traditionnels, fort nombreux encore.
A proximité des habitations ou perdues dans le désert se trouvent parfois des pierres commémoratives rappelant les faits d’armes de héros locaux. Ils ont été immortalisés pour avoir résisté à des ennemis – notamment aux voleurs de bétail – tout en perdant la vie au combat. Les sculptures sont souvent élaborées alors que d'autres dalles verticales représentent la sati, l’épouse s'incinérant sur le bûcher de son conjoint ou de son fils. Nous les rechercherons, probablement en véhicule tout terrain.
Retour à Mithi et soirée culturelle sindhi réservée à notre groupe.
Nuit à la Marvi Rest-house (simple).

Jour D: Mithi– Fort de Naukot – Memon Ghot– Karachi (335 km)
En début de matinée, nous nous promènerons dans la petite ville de Mithi, havre de paix entre communautés religieuses. 70% de la population sont hindous et le temple de Sri Krishna est l’un des plus fréquentés alors qu’une promenade au marché sera l’occasion d’achats de produits artisanaux.
Sur notre chemin de retour vers Karachi, telle une apparition, le Fort de Naukot semble jaillir du désert. Il fut élevé par Mir Karam Ali Khan Talpur en 1814, au Sud de la ville de Mirpur Khas qui était son fief, pour se protéger des Rajpoutes et pouvoir plus aisément... collecter les taxes ! Mesurant 113m x 98m, il est ceinturé de neuf bastions.
Progressant au Sud de la grande route, revenant vers “la modernité”, notre dernier arrêt sera pour Memon Ghot où se trouvent des tombes baloutches. Nous renouerons ainsi avecune tradition qui nous est familière : des plates-formes surélevées portant une pyramide formée de dalles de pierre décoratives, recouvertes de reliefs aux dessins humains et figuratifs.
Dîner et nuit à l’hôtel Excelsior de Karachi.

Jour E: Arrivée à Paris.



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